Emma

Emma

Journaliste

31 Mai 2024 à 08:05

Temps de lecture : 3 minutes
Soins palliatifs : L’assemblée nationale contre-attaque

Les Faits

🏥 Adoption d'un droit "opposable" aux soins palliatifs Les députés ont validé un amendement introduisant un droit "opposable" aux soins palliatifs, permettant aux patients de saisir la juridiction administrative pour obtenir une prise en charge palliative si nécessaire.
🗳️ Opposition du gouvernement Le gouvernement et la majorité ont tenté de revenir sur cette mesure, la jugeant peu applicable et source de procédures juridictionnelles longues, mais ont été contrecarrés par l'opposition.
📜 Loi de programmation pluriannuelle Une loi de programmation pour les soins palliatifs a été adoptée, visant à en faire une priorité nationale avec des objectifs clairs et des moyens financiers alloués sur cinq ans.
💬 Débats intenses sur les soins palliatifs Les discussions sur les soins d'accompagnement ont été marquées par des débats intenses, les oppositions poussant pour un développement plus rapide et ambitieux que le plan décennal annoncé par le gouvernement.
📅 Prochaine étape des débats Les débats sur la fin de vie, notamment l'aide à mourir, reprendront vendredi, après une journée dédiée à l'initiative parlementaire du groupe Gauche démocrate et républicaine.

L’Opinion

Un Droit « Opposable » pour Garantir l’Accès aux Soins Palliatifs

L’Assemblée nationale a récemment secoué le gouvernement en adoptant un droit « opposables » aux soins palliatifs, malgré les tentatives désespérées de la majorité de l’enterrer. Mercredi 29 mai, au milieu des débats passionnés sur la loi de « l’accompagnement des malades et de la fin de vie », les députés ont insisté pour que chaque malade puisse revendiquer ses droits devant un tribunal si les soins palliatifs ne lui sont pas offerts dans un délai raisonnable.

Thibault Bazin (Les Républicains) a fait valoir cet amendement en commission, promettant de transformer en réalité l’intention de l’article 1. Pourtant, la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, et le rapporteur Didier Martin (Renaissance) ont dénoncé cette mesure comme « irréaliste ». C’est la preuve que le gouvernement est déconnecté de la réalité des malades en fin de vie. Imaginez, des patients en phase terminale contraints de batailler pendant des mois, voire des années, dans un labyrinthe juridique. Un non-sens absolu. Pourtant, l’Assemblée a tranché : ce droit « opposable » est désormais inscrit dans le texte.

Pourquoi un Droit « Opposable » est Crucial

Le concept de droit « opposable » peut sembler technique, mais il est vital. En rendant légalement contraignant l’accès aux soins palliatifs, on donne aux patients une arme contre l’inaction institutionnelle. Le droit au logement opposable (Dalo) n’a peut-être pas été une panacée, mais il a au moins posé un cadre pour l’action publique. Ici, il s’agit de garantir que chaque malade en fin de vie puisse finir ses jours avec dignité, sans souffrance inutile.

Les oppositions ont clamé haut et fort que ce droit est une nécessité morale. Leur message est simple : il est impensable qu’en 2024, dans un pays comme la France, des personnes doivent affronter leurs derniers jours sans les soins appropriés. Si l’État peut légiférer sur la Défense, la Justice ou l’Intérieur avec des lois de programmation pluriannuelles, pourquoi pas sur un sujet aussi crucial que les soins palliatifs ?

Une Loi de Programmation Pluriannuelle : Enfin une Priorité Nationale

Les députés ne se sont pas arrêtés là. Ils ont également voté pour inscrire une loi de programmation pluriannuelle des soins palliatifs. Thibault Bazin, toujours lui, a souligné que cette loi garantirait les moyens financiers nécessaires pour que ces soins deviennent une priorité nationale, à l’instar des autres grands secteurs. Cela signifie des objectifs clairs et des budgets alloués sur cinq ans.

La majorité présidentielle, en dépit de ses divisions, a voté contre. Cela montre une fois de plus leur frilosité face à des réformes ambitieuses. La ministre de la Santé, dans un accès de cynisme, a rappelé que ceux qui demandent cette loi de programmation sont souvent les mêmes qui n’ont pas soutenu l’article 1. Une pique politique qui ne masque pas la réalité : les soins palliatifs doivent être renforcés et soutenus de manière structurelle.

Vers un Débat sur l’Aide à Mourir

Les discussions sur l’aide à mourir n’ont pas encore commencé, mais elles s’annoncent tout aussi houleuses. Alors que le débat sur les soins palliatifs a déjà révélé des fractures profondes entre les différents groupes parlementaires, l’aide à mourir soulève des questions éthiques et morales encore plus complexes. Les députés devront naviguer entre le respect de la dignité humaine et les risques d’abus potentiels.

Ce contexte parlementaire vibrant et passionné met en lumière une vérité indéniable : notre société est à un tournant. Les décisions prises aujourd’hui façonneront notre avenir commun, celui où chaque individu aura droit à une fin de vie digne. Le vote de ces mesures est une victoire pour l’humanité et un rappel que la politique peut encore servir les intérêts des plus vulnérables. Il est temps que le gouvernement écoute, comprenne et agisse en conséquence. Le futur des soins palliatifs en France en dépend.

Que vous soyez en accord ou non avec ces mesures, il est indéniable qu’elles sont un pas vers un monde plus juste. Un monde où chaque vie, jusqu’à son dernier souffle, est respectée et honorée. La route est encore longue, mais les fondations sont posées. À nous de les renforcer.