Des 27 otages fusillés ce 22 octobre 1941, Guy Môquet était le plus jeune. Chacun adressera une dernière lettre à sa famille ou ses proches... Guy n'a alors que 17 ans. Quelques mois plus tôt, lorsque son père est déporté au bagne, il abandonne le Lycée Carnot de Paris pour s'engager auprès des jeunesses communistes. Dénoncé, il est arrêté le 13 octobre 1940 et rejoint 4000 autres prisonniers politiques au camp de Châteaubriant, en Loire Atlantique. Le 20 octobre 1941 à Nantes, le Feldkommandant Hotz est exécuté par trois jeunes communistes. En représailles, Hitler ordonne l'exécution de 50 otages dont les 27 de la baraque numéro 6. Voici la lettre de Guy Môquet rédigée la veille de sa mise à mort :
Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré
mon petit papa aimé
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour.
A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte !
Je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels.
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant.
Courage !
Votre Guy qui vous aime
Jean, Roger, Rino étaient ses "frères" de combat et Serge son petit frère de sang. C'est sur les murs de la baraque 6 que Guy Môquet écrivit ses dernières pensées :
Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !